Le contexte local
Depuis 2012, le Sahel burkinabé est en proie à de fortes perturbations à cause de la guerre au Mali. Les combattants se déplacent souvent entre le Burkina Faso, le Niger et le Mali. L’insécurité est devenue la règle et les populations locales en payent le prix fort. Nous avons commencé nos activités en 2008 dans le pays, en soutien aux initiatives de l’Association des Guides du Campement EDJEF de Gandefabou (AGCEG aujourd’hui appelée A2M).
Outre la réintroduction de l’autruche à pattes rouges dans la région, le partenariat avait pour objectif de travailler à l’amélioration des conditions de vie des populations et le reboisement de la zone.
Aujourd’hui, en plus d’une crise économique majeure, les familles subissent une crise sécuritaire sans précédent. La menace terroriste a causé la fermeture des écoles de la zone, déscolarisant ainsi plus de 154 000 enfants. Des représentants de l’Etat burkinabé dans cette zone sont régulièrement menacés, enlevés, assassinés. Le bétail des populations est volé… Les conditions sont devenues invivables pour les populations, qui doivent choisir entre s’enrôler aux côtés des terroristes ou fuir en direction des zones moins menacées.
Le village de Gandefabou est aujourd’hui déserté, comme l’ensemble des villages situés sur la bande frontalière entre le Mali et le Burkina Faso. La population de ces villages a fui les conditions sécuritaires désastreuses, devenant ainsi des personnes déplacées internes (PDI) qui se sont installées dans les grandes villes : Déou, Oursi, Gorom Gorom. La commune de Gorom Gorom, composée de 106 300 habitants, accueille aujourd’hui plus de 30 630 PDI, soit une augmentation de 29% de sa population en deux ans.
Objectifs du projet
Humy, fidèle envers ses partenaires locaux, s’engage à apporter un soutien alimentaire à plusieurs dizaines de personnes ayant dû quitter le nord du Burkina Faso pour la banlieue de Ouagadougou. Notre partenaire A2M a développé, avec le soutien de HUMY, une activité de maraîchage dans un petit espace à Dar Salam, offrant ainsi une activité à plusieurs femmes. La situation n’évoluant pas dans un sens positif au nord, l’aide alimentaire reste un appui majeur pour ces familles déplacées.


En 2011, HUMY a financé la plantation de 11 000 arbres. 60% ont survécu ce qui est un bon résultat compte tenu des conditions climatiques difficiles dans cette région sahélienne.
En 2015, nous avons été contraints de stopper nos actions à cause de la situation devenue beaucoup trop dangereuse. L’écotourisme qui était à la base du développement du village de Gandéfabou et de ses environs a été entièrement stoppé dès 2012.
A2M continue aujourd’hui à accompagner les familles du Sahel, par le développement de projets communautaires, dans le domaine de l’agriculture, de l’éducation, de la santé, de la formation professionnelle… 200 personnes déplacées sont installées sur le terrain de l’ancien campement d’Oursi. A Gorom Gorom, on compte 400 travailleurs des anciens campements installés dans différents quartiers de la ville, dont 50 accueillis sur le site du campement. La situation est très compliquée pour ces familles qui ont tout laissé derrière elles… Les enfants ne sont plus scolarisés depuis 2015 car les écoles ont fermé. Les adultes sont sans travail et donc sans revenu. Les personnes déplacées survivent au quotidien grâce à la solidarité des habitants de Gorom Gorom. Cependant, l’arrivage massif des PDI perturbe l’équilibre de la commune, que ce soit au niveau de l’accès aux infrastructures communales, à l’eau, aux services de santé…

Gorom Gorom, chef-lieu de la Province de l’Oudalan, est une commune rassemblant 82 villages, et découpée en 5 secteurs. La commune est constituée de 155 589 habitants dont plus de 60 000 PDI (Personnes Déplacées Internes).
En 2020 et 2023, Humy a soutenu un projet d’A2M à Ouagadougou, pour venir en aide à des familles déplacées. Cette aide au projet a été réitérée en 2024 étant donné les nombreux besoins et la situation dramatique au Burkina Faso.
113 000 repas ont déjà été financés par Humy sur cette zone.
